« La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle » (Mt 21,42). Voilà une phrase bien paradoxale que Jésus lance à ses disciples en citant le psaume 118. Celui qui est rejeté est ce qui choisi par Dieu pour bâtir son Eglise, celui qui est le plus petit (rappelons-nous David) est choisi pour être le premier et le plus grand d’entre les hommes. Inversement, celui qui veut être le plus grand doit se faire le serviteur de tous, celui qui veut avoir la première place qu’il choisisse la dernière. Voilà ce que nous pouvons appeler la révolution christologique ! « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort » (1 Co 1, 27), nous le redit d’une autre manière Saint Paul. Or, c’est justement le mystère de Noël qui se dévoile. Le créateur se fait créature, le Très-Haut se fait le plus petit, le Tout puissant se manifeste dans la plus haute fragilité, celle d’un enfant. En d’autres mots, Noël est l’école de l’humilité. Et si Jean le Baptiste est un précurseur, c’est parce qu’il précède et annonce par sa propre pauvreté et humilité celle de son maître qui vient à lui. C’est toute la grandeur et la gloire de Dieu que de choisir la condition humaine dans ce qu’elle a de plus fragile et de blessé pour l’habiter de sa présence. Découvrir et contempler cela, c’est découvrir aussi le chemin de l’Eglise dans la nouvelle évangélisation

lattes

. Des superbes, le monde n’en manque pas, malheureusement. En revanche, des humbles, des « baptistes », le monde en réclame, car elle se meurt de la compétition et de la surenchère. Elle aspire à des fondations solides et ajustées à sa condition et à sa vocation. Or, Jean le Baptiste nous le dit pour qu’Il grandisse, pour que l’humanité grandisse, pour que la paix grandisse, il faut que nous diminuions, que nous Lui fassions de la place, que nous acceptions la grandeur de l’humilité qui n’est autre que la voie que le Christ a choisie et telle est sa joie ! Que celui qui veut être fort est le courage d’être faible !