Les évangiles contiennent peu de récits de rencontres ou de dialogues d’enfants ou d’adolescents avec Jésus. Nous en trouvons cependant un fameux dans l’Evangile de saint Matthieu (Mt 19, 16-30) où un jeune homme riche vient questionner son « bon maître », Jésus. Dans sa question pointe sa soif d’absolu et de réussite. Il veut connaître le chemin du bonheur ou de la vie éternelle. Sa demande pourrait paraître toutefois paradoxale puisqu’il « possède de grands biens » et nous pourrions imaginer qu’il a tout pour réussir et être heureux et notamment bien sûr une foi vécue et un profond amour de Dieu. Il veut tout de même aller plus loin et vivre en plénitude.

Cette rencontre est sûrement comparable à notre quotidien d’éducateur où nous avons la joie et la grâce d’acc

ueillir des jeunes aux multiples richesses et talents. Avec le Christ lui-même, nous avons la responsabilité de les leur faire découvrir, de les faire fructifier, de leur apprendre à les offrir et à les mettre au service des autres. Mais, quelles sont les richesses de cette génération, et qu’en faire ?

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La première richesse de nos jeunes est la soif de vie. Certes, cela peut être parfois caché derrière une nonchalance ou une indifférence déroutante pendant l’adolescence mais elle demeure toujours bien vive au fond d’eux-mêmes. Ils espèrent une vie réussie, c’est-à-dire une vie qui ait du sens et de la valeur. Pour nous, il s’agit de leur donner les repères et points d’appui nécessaires pour fonder leur vie. Dans cette fondation, nous croyons que l’approfondissement ou la découverte de la foi chrétienne prend une place fondamentale puisqu’elle apporte une réponse, éprouvée dans la vie même du Christ, aux grands défis et questions de l’existence humaine. Elle est la forme et la source de toute transmission où tout jeune, croyant ou non, peut y puiser des forces et des ressources sûres. Devant une telle soif, nous nous engageons pour leur proposer un chemin ambitieux et plein d’espérance. Les années à l’école primaire et les premières années de collège en sont le lieu privilégié.

La deuxième richesse est celle de la docilité et de l’ouverture. Au premier coup d’œil, cela pourrait être pris comme un manque de convictions ou de personnalité. Mais elle peut aussi être vue comme la capacité à se laisser conduire et guider. Il y a donc une responsabilité qui nous revient, de les former au discernement et aux choix libres et responsables. Cette formation de l’intériorité et de la conscience de nos jeunes est une priorité. Elle se vit aussi bien dans l’apprentissage de la prière personnelle, de la relecture de vie et de l’écoute de l’Esprit Saint, que dans l’éducation à la vraie liberté intérieure hors de toute tendance, effet de mode ou de masse. La préparation de la confirmation et la mystagogie qui suit en seconde marquent cette grande étape.

La troisième richesse est celle du sens du service et de l’engagement. Je suis toujours marqué de voir comment nombreux sont ceux qui sont prêts à aider et même à s’engager dans des services auprès des plus pauvres. Ils veulent s’engager. Cela nous amène à soutenir leur engagement, à hiérarchiser les priorités et à leur faire découvrir le sens de la charité du Christ, de la fidélité et de la parole donnée dans le temps. Les années de lycée sont justement le temps privilégié pour poser les bases d’engagements de vie plus importants. Cet engagement touche également leur investissement dans la cité où ils veulent faire entendre leur voix et prendre leur place dans la vie politique. On ne peut que s'en réjouir et les iader à la faire avec le plus de justesse et convictions solides et ordonnées au bien commun.

Bien sûr, tout au long de la scolarité de la maternelle à la terminale, nous prenons en compte toutes ces richesses et l’éducation à la vie intérieure, la connaissance du Christ et le service des pauvres sont toujours les axes majeurs de la pastorale. Mais il y a ces étapes de la croissance du jeune qui nous engagent à approfondir tel ou tel aspect à un moment donné à l’image de la pédagogie divine. Notre mission est de contribuer à ce que chacun des jeunes puisse entendre l’appel de sa conscience à mettre ses « grands biens » au service de tous à la suite de l’Eglise et pour le bien de la société d’aujourd’hui et de demain.