Denier du culte

Un constat peut être fait : il est toujours difficile de parler d’argent entre nous et parfois spécialement dans l’Eglise et l’Eglise de France. L’actualité qui secoue le Vatican montre cependant qu’il est bon d’en parler avec le plus de clarté et de régularité possible. Cette difficulté vient de plusieurs raisons qui sont tout autant de motifs pour renouveler notre relation à l’argent et notre manière de participer financièrement à la vie de l’Eglise et notre paroisse.

La première difficulté vient du fait que nous n’avons pas tous les mêmes moyens et parler d’argent peut devenir indécent soit parce que l’on ne veut pas blesser l’autre soit parce que l’on peut avoir honte d’en manquer. L’argent est associé à la notion de pouvoir, de réussite, de capacité, de condition sociale. Or, la pauvre veuve de l’Evangile (Mc 12, 41-44) que Jésus loue pour sa générosité nous rappelle par son geste le rôle de l’argent : permettre à toute personne ou communauté de vivre et de donner de la valeur aux choses et à son travail. Parler d’argent, c’est donc s’assurer que chacun a le nécessaire pour vivre, s’apercevoir que l’argent et la tentation de l’accumulation ont peut-être pris une place disproportionnée et faire le choix du partage et de la participation.

La seconde difficulté réside davantage sur le fait que la gratuité du don de Dieu et de la vie chrétienne pourraient faire disparaître la valeur du temps passé et des contingences matériels. Or, la vie humaine passe par des moyens matériels nécessaires dont on ne peut pas se passer. L’Evangile appelle toujours à une vie simple, mesurée, qui oriente vers Dieu et qui puisse se déployer dans le temps. Ainsi, c’est gratuit mais cela a un coût.

La troisième difficulté vient du fait que verser une offrande n’est plus tant vue comme la « mise en commun » de ses biens mais comme le fait de donner à une structure extérieure qui s’appelle l’Eglise. Or l’offrande comme le denier sont bien le fait de participer à la vie de sa maison et de sa communauté. Elle manifeste l’engagement personnel et le lien corporel et vivant avec la famille des enfants de Dieu d’aujourd’hui et de demain.